Critique littéraire, billets d'humeur, entretiens avec des auteurs...
D’habitude je ne lis pas de romans d’espionnage. Mais, là, c’est spécial. Les Éditions du Canoë nous font, dans ce domaine, faire un singulier pas de côté, et les pas de côté sont toujours salutaires. La maison née en 2017 après la disparition de La Différence,...
Qui connaît Shintarō Ishihara ?... Pourtant cet auteur né en 1932, mort il y a quelques jours, reçut, en 1956, l’équivalent japonais du Goncourt pour ce recueil de nouvelles qui inaugurait un genre en même temps qu’il révélait un phénomène sociétal. Le...
La belle phrase finale paraît tout résumer : « J’aurais aimé que ce récit d’elle constitue, en quelque sorte, la demeure dans laquelle elle puisse se réfugier ». Le nouveau livre d’Édouard Louis viendrait donc rejoindre Le Livre de ma mère (Albert Cohen),...
Elle ne serait pas d’accord, mais il y a là deux livres. Elle : Tanya Tagaq, dont c’est le premier roman, mais qui est connue par ailleurs comme photographe, peintre et, surtout, chanteuse de gorge. Il y a plusieurs types de chants de gorge, nous parlons...
C’est le printemps des découvertes tardives. Après Edith Olivier et Rachel Ingalls, voici Jill Eisenstadt, et un roman publié en 1987. Encore une première traduction, encore une femme, encore une Anglo-Saxonne — américaine, en l’occurrence, née en 1963,...
Il y a dix ans, j’avais aimé le roman de Marie Darrieussecq Clèves, qui venait de sortir, au point d’y consacrer le tout premier article de ce blog. Ce n’était pas l’histoire de madame de La Fayette. D’ailleurs je me méfiais déjà des romans biographiques....
Le moment arrive où ce blog va se taire, sauf l’un ou l’autre billet estival, jusqu’à la rentrée. Alors, vous entendrez parler de Jérôme Ferrari, de Jim Crace, de bien d’autres dont, peut-être, on parlera un peu moins ailleurs. En attendant, quelques...
Rien qu’à lire les noms propres on comprend tout de suite où on est : Odile Chassevent, Francis Lecamier, Legousse et l’inspecteur Rivière… Pas de doute, on s’est lancé dans un de ces romans qui feignent de raconter une histoire à l’ancienne tout en suggérant...
10, villa Gagliardini , Marie Sizun (Arléa) Marie Sizun raconte son enfance et sa mère en racontant l’appartement qui les abrita. La simplicité et la grâce. Pour lire l’article, cliquez ici. En vérité, Alice , Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser) Entre...
À l’heure où j’écrivais cet article il était encore très possible qu’elle ait le Goncourt. Pour finir, elle n’a eu que le Médicis. Un prix, quoi qu’il en soit, à la fois significatif et paradoxal. Pour une part, bien dans l’air d’un temps étrangement...
Poète, romancier ( L’Homme de marbre, Le Grand Miroir, 2008, Mon corps mis à nu, Les Impressions nouvelles, 2013…), auteur d’essais sur des artistes (L’Adieu au paysage, les Nymphéas de Claude Monet, La Différence, 2008, Mark Rothko, rêver de ne pas être,...
Un spectre, semble-t-il, hante le roman français. C’est le spectre de l’Aventure. On m’a reproché récemment de prendre pour héros de mes modestes fictions sur ce blog un écrivain, et je suis bien conscient que par les temps qui courent l’effet produit...
Georges Allary le souligne dans l’Avant-propos, quand Vialatte, très vite, « abandonnera les rimes pour la prose », ce sera « une prose où la poésie ne cessera d’être présente ». Oui, si par poésie on entend un mode d’écriture où la manière de dire en...
Est-ce une fable, comme le suggère le dossier de presse, qui parle d’« appel à préserver un lien intime avec le vivant » et de « réflexion profonde sur l’état de nos démocraties » ? On peut toujours dire ça, bien sûr… Serait-ce plutôt un conte philosophique...
Je suis une idiote de t’aimer, Camila Sosa Villada, traduit de l’espagnol par Laura Alcoba (Métailié) Les héroïnes de ces neuf nouvelles sont confrontées, comme l’a été l’autrice elle-même, à l’intolérance et à la violence qui frappent les trans. Mais...
Gérard Lefort, dont les plus anciens d’entre nous se rappelleront les articles dans le Libération des année 1980, nous raconte ici une histoire d’enfance. Ou plutôt l’histoire d’un enfant. Il s’appelle Camille, son père est postier, sa mère infirmière....
La déclaration d’amour à la mère est un genre bien délicat. Il y a les chefs-d’œuvre (Albert Cohen, Charles-Louis Philippe…) et il y a… le reste, qui consiste aujourd’hui en un flux toujours grossissant d’ouvrages où se mêlent souvent le sentimentalisme...
Madeleine Allard est québécoise. Elle s’exprime dans le langage de sa province, où l’on se coiffe d’une « tuque », où l’on enfile, pour dormir, une « jaquette », où une mère demande à sa fille peu vêtue : « Où tu t’en vas arrangée de même ? »… Elle a...
Ce n’est pas la Réunion que l’on surnomme le caillou. Mais Léa Arthemise, qui, bien que née à Meaux et vivant au Québec, connaît de près l’île et son histoire, ne manque pas de rappeler régulièrement dans son livre les « deux volcans » qui la couronnent....
Arpents de Sud est une toute jeune maison, qui se consacre pour l’instant à la littérature espagnole ou d’Amérique latine mais compte bien s’ouvrir prochainement à « d’autres horizons en langues romanes ». Cinq livres publiés depuis février 2023. Dont,...
Dans Bolla (1), le précédent roman de Pajtim Statovci paru en français, il y avait une créature mythique du folklore albanais, à la fois femme et serpent. Cet être double incarnait simultanément le désir entre deux hommes et la guerre qui les séparait,...
On la retrouve d’abord à peu près où on l’avait laissée… Nous sommes en 2002. La narratrice-héroïne de Tenir sa langue (1) est au collège. Sa mère est déjà morte. Confiée, lorsque son père s’absente, à une amie de ses parents, elle retourne pendant les...
Sur le bandeau figure une exclamation signée Amélie Nothomb : « Un ébahissement absolu. Quel tour de force ! » Rien d’étonnant à ce que l’autrice de Frappe-toi le cœur et de Psychopompe (1) ait apprécié ce très singulier premier roman d’une trentenaire...
Sans en avoir l’air, le titre dit presque tout. Les deux tilleuls se dressent au seuil d’une cour de ferme dans les Flandres françaises des années 1960 ; mais un lien mystérieux unit à ces deux arbres, dont les silhouettes résument tout l’environnement...
« À travers une fente de la haute palissade noire », une jeune fille se faufile « jusques aux vastes, jusques aux terribles terres sauvages ». Nous nous faufilons avec elle et, dès lors, nous ne la quitterons plus, emportés sur plus de deux cent cinquante...