Critique littéraire, billets d'humeur, entretiens avec des auteurs...
En octobre 2011, j’étais ravi par Le Ravissement de Britney Spears, de Jean Rolin, magnifique roman sur le regard, qui hypnotise par les mots. Pour lire mon article d’alors, cliquez ICI.
« Pour ne pas crier, ni frapper, j’eus recours à l’oraison jaculatoire : — O mon Dieu, adorable créateur de l’enfer, gloire à Vous. Enfer, feu de joie de la justice, sois béni. » Béatrice Beck, Des Accommodements avec le ciel
« Il n’avait pas une mauvaise nature, à moins qu’on ne qualifie ainsi la sécheresse de cœur unie à pas mal d’égoïsme ; mais il était considéré, en général, comme un homme respectable, car il se conduisait correctement dans les circonstances ordinaires...
« Le monde devenait de plus en plus vaste, de plus en plus lumineux ; il s’étendait de plus en plus loin au fur et à mesure que le voyageur avançait. Partout où le portaient ses pas, des milliers et des milliers de créatures étaient dans l’allégresse....
« J’ai connu un homme qui disait : "J'ai vu le néant. Je l'ai vu de profil". Il ajoutait : "Il est encore plus mince qu'on ne pense". Et la chose paraît vraisemblable. » Alexandre Vialatte, Les Fruits du Congo
« Dans la paume du village Le soir vient manger les graines Du sommeil animal Bonne nuit à la pensée Et j’appelle le silence Par son plus petit nom » Éluard, Les Mains libres
À dix ans, je n’ai jamais vu la mer. Mais on part en vacances sur la côte ouest, je la vois, c’est une déception considérable. D’abord ce n’est pas la mer mais l’océan, ensuite la mer, théoriquement, ... Pour lire la suite, cliquez ici.
« Bastien habite une maison seule au bout d’un terrain vague. Il a planté des cyprès pour se cacher la vue du cimetière. "Pourvu que je ne voie pas les fleurs, dit-il, les croix cela s'oublie". » Joé Bousquet, Le Médisant par bonté
« S’il existe un truc au monde, dont on ne doit jamais s’occuper qu’avec une extrême méfiance, c’est bien du mouvement perpétuel !... On est sûr d’y laisser des plumes… » Céline, Mort à crédit
« Comme il pleut ce soir ! N'est-ce pas, mon hôte ? Là-bas, à la côte, Le ciel est bien noir, La mer est bien haute ! On dirait l'hiver ; Parfois on s'y trompe... Le vent de la mer Souffle dans sa trompe. » V. Hugo, Les Voix intérieures
« L’extase — moi ça m’intéresse, L’extase. J’ai comme idée De ce que c’est, Une petite idée. Je pense que ce n’est pas mal : Avoir bien mangé, bien bu Et l’extase encore Par-dessus. L’extase. La vraie belle vie. » Guillevic, Les Chansons d’Antonin Bl...
J'ai parlé récemment d'Exhibitions, que Gilles Pétel, mon ex-coblogueur, a publié en autoédition. Pour lire une interview de l'auteur, cliquer ici.
« Mets-toi hors de l’envol du couteau rouge et bleu Tiens-toi blême et hagard dans l’armure muette Il gèle à ciel ouvert le feu a sa statue Du haut de ta stupeur vois les morts apparaître » P. Éluard, Facile proie Illustration : Michel-Ange, 1541
« Il y a des monstres qui sont très bons, Qui s’assoient contre vous les yeux clos de tendresse Et sur votre poignet Posent leur patte velue. » Guillevic, Terraqué illustration : Jérôme Bosch, Le Jardin des délices, détail
« La mort est toujours la même, mais chacun meurt à sa façon. Pour J. T. Malone, cela commença d'une manière si banale qu'un temps il confondit la fin de sa vie avec le début d'une nouvelle saison. » Carson Mac Cullers, L’Horloge sans aiguilles
« Je veux maintenant vous raconter, messieurs, que vous le désiriez ou non, pourquoi je n’ai même pas réussi à devenir un insecte. Je vous le déclare solennellement : maintes fois déjà j’ai essayé de devenir un insecte ; mais je n’en ai pas été digne....
« Le grand homme de demain, celui qui gagnera tout notre cœur, c’est l’écrivain qui n’aura pas le courage d’écrire deux cents pages, et qui posera à chaque instant sa plume en s’écriant : "Qu'est-ce que je fous là, mon Dieu ! Qu'est-ce que je fous là...
« Je vis depuis des années dans cet état de malédiction de moi-même, de reniement de moi-même et de dérision de moi-même, à quoi je dois toujours recourir finalement, afin de me sauver. Seulement je me demande tout le temps : me sauver de quoi ? » Thomas...
Ma cousine et moi venons du paradis. C’est-à-dire, notre famille. Nous-mêmes sommes nés sous nos cieux mais, du côté de nos grands-parents, maternels pour elle, paternelle dans mon cas, la famille s’enracine dans les antipodes les plus résolument paradisiaques......
Le 24 juillet, ce blog, dans son ancienne version, a été élu « site du jour » par Site du jour. Merci à tous ses lecteurs.