Critique littéraire, billets d'humeur, entretiens avec des auteurs...
ici Depuis Le Jour des corneilles (1) et même Le Roitelet (2), la notoriété de Jean-François Beauchemin au-delà des frontières de son pays natal semble avoir encore crû. Au point que son éditeur, qui n’a pas peur des mots, le désigne comme « l’enchanteur...
Quand on l’a vu, comme cela m’est arrivé à plusieurs reprises, lire en public des extraits de ses œuvres, on s’en souvient. Colossal, tiré à quatre épingles dans son éternel veston prince-de-galles, le crâne surmonté d’un improbable toupet de cheveux,...
On imagine bien comment il s’y est pris. Soit une expression toute faite : dévorer un livre. Si on se donnait pour tâche, comme une contrainte à la Raymond Roussel, de faire un livre à partir de cette expression ? Stéphane Malandrin, dont c’est le premier...
Voilà un livre bien encadré. Au début, un « avertissement » indiquant que si « le présent ouvrage comporte des scènes de violence explicite, ainsi que des références sans détour au racisme, à l’homophobie, à la pédophile et à l’anthropophagie », tout...
Après quelques années de silence, Gilles Pétel nous revient, avec un roman publié par la toute jeune maison d’édition Métalepse. Le texte s’inscrit dans un genre historiquement capital mais un peu négligé depuis quelques années : le monologue intérieur....
En 2024, avec Junil (1), Joan-Lluis Lluis proposait une fable qui, sous couvert de roman historique, nous ramenait au temps de l’Empire romain pour mieux célébrer, à travers la figure du poète Ovide, les forces de la littérature. Retour, dans ces Chroniques...
Avec cette publication, les éditions Fables fertiles, nées en 2022, confirment leur intérêt pour des textes à part, se situant volontiers aux confins de la narration et de la poésie et transgressant en les explorant les limites entre les deux genres....
Elle nous a fait attendre… Six ans déjà depuis Quitter Paris (1). Stéphanie Arc, journaliste scientifique, chargée de cours en création littéraire, spécialiste des questions de genre (2), pratique le roman avec assez de parcimonie pour que chacune de...
Au bord de quoi ?... Avant tout, au bord de la narration. Sommes-nous en effet dans le récit d’une vie, qui se recomposerait à petites touches ? Il y a de ça, bien sûr… Après avoir grandi seul entre une mère et un père, puis, après la mort de ce dernier,...
Dans l'entretien qu’elle a accordé à ce blog en 2017, Anne Serre disait, parlant de ce qu’elle écrit : « C’est un peu comme si j’étais sur une île et que j’envoyais des signaux dont j’espère qu’ils vont être perçus depuis le continent ». Dans ce roman,...
En même temps que James, le nouveau roman de Percival Everett (1), L’Olivier, dans sa collection de poche, publiait cet automne une nouvelle version d’Effacement, dont une première traduction était parue en 2004 chez Actes Sud. Celle d’aujourd’hui est...
À la première page du « roman » de Tomas Espedal, un jeune garçon observe une « cataracte à l’écume si blanche que la chute d’eau paraît un éboulement de rochers » ; à la dernière ou presque, le narrateur voit un pigeon ramier attaqué par un épervier...
Comme, souvent, les vrais écrivains,Claudie Hunzinger raconte toujours la même histoire. De Bambois, la vie verte (Stock, 1973) à La Survivance (Grasset, 2012) en passant par Les Enfants de Grimm (Bernard Barrault, 1989), il est toujours question chez...
Le grand sujet de Marie Sizun, c’est l’enfance. Même ceux de ses livres qui semblent d’abord s’en éloigner, comme Plage (Arléa, 2010) ou Un léger déplacement (Arléa, 2012), finissent toujours par se tourner vers elle avec le naturel et l’inéluctabilité...
À propos de Sale Temps pour les braves , je me demandais où situer exactement Don Carpenter, entre James Cain et Russel Banks. Mais en lisant La Promo 49, on serait tenté de le rapprocher d'un personnage bien différent des lettres américaines. Comment...
La géométrie joue un rôle important dans le dernier roman d’Emmanuelle Lambert. On part d’une façade minutieusement décrite : « Sur trois niveaux horizontaux, [le bâtiment] porte les lignes de trois fenêtres à croisées. Leurs petits rectangles sont répartis,...
Il y a toujours des livres dont on n’a pas le loisir de parler à temps ou qui parviennent trop tard à bon port. Pourtant ils mériteraient bien qu’on en parle. Pendant quelques semaines, en parallèle à mes découvertes de la rentrée de janvier, j’évoquerai...
C’est à la fois le roman par excellence et pas un roman du tout. Un homme quitte une femme (« Là, il vient de dire calmement "Écoute, voilà, je m'en vais" »). Elle souffre. Puis elle commence à souffrir moins (« Au début elle ne veut pas, elle y tient,...
Parmi les plus récents avatars du roman, il en est un qui risque, hélas, d’avoir un certain avenir devant lui : c’est le roman de résilience ou, pour le dire net, le roman post-attentat. En l’occurrence, les attentats, ce sont ceux qui ont eu lieu dans...
Il y a une ligne qui va de Vallès à Calet en passant par Charles-Louis Philippe, Dabit, Bove et Guérin, pour continuer ensuite du côté de Luc Dietrich. Tous ces gens ont en commun un intérêt qui confine parfois à la fascination pour le peuple — « les...
La nouvelle, ça ne pardonne pas. Ce genre modeste ne peut se pratiquer par défaut. Le roman avale tout, de la poésie à l’essai en passant pas le roman lui-même, mais la nouvelle ne supporte d’autre propos qu’en adéquation parfaite à sa brièveté. Si on...
Eh bien mais voilà ce qu'on pourrait appeler un charmant petit livre… Jolie couverture bleu ciel pour ce qui est de l'aspect extérieur et, quant au contenu, une modestie de bon aloi. Comme il arrive souvent, le premier roman de Vincent Jolit se recommande...
Encore un gros roman américain. Dommage qu’il paraisse à la rentrée car il est parfait pour lire en été, tard le soir, par forte chaleur, quand l’odeur des tilleuls monte de la rue déserte et qu’on sait ne pas avoir à se lever tôt le lendemain. Barthes,...
Je l'avouerai tout de suite : je n'aime pas beaucoup Camus, sa gabardine, sa Peste et ses bons sentiments. Oui, je préfère Sartre, son strabisme, sa pipe et ses mauvaises manières. Et ce n'est pas seulement une question d'accessoires : je ne me risquerai...
Comment dire ?... Dès la première page, le livre de Lola Lafon s’installe délibérément dans l’espace de cette question. Quels mots utiliser pour décrire ce que la jeune gymnaste roumaine Nadia Comaneci, âgée de quatorze ans, accomplit en 1976 aux Jeux...