Critique littéraire, billets d'humeur, entretiens avec des auteurs...
J’ai déjà eu l’occasion de le dire (1), il est rare qu’Aharon Appelfeld parle directement de la Shoah, qu’il a vécue. Et pourtant toute son œuvre se situe dans l’ombre de l’événement. Avec ce livre-ci, paru en Israël en 1991, et qui vient s’ajouter aux...
Contrairement à ce que le titre, étrangement plat, suggère, il y a assez peu de livres dans le livre de Michèle Gazier. Entendons-nous : il n’est question que de cela. Mais celle qui, de son propre aveu, a pratiqué tous les métiers de la chaîne du livre,...
Quanrtier Saint-Henri, maison dite "de Jean Lévesque" À Montréal, une place s’appelle Parc-du-Bonheur-d’Occasion. Hommage parmi d’autres rendus à un roman qui, à sa parution en 1945, connut un succès considérable – des deux côtés de l’Atlantique, puisque...
Ce petit livre cumule la double grâce d’être modeste et à contre-courant. La narratrice, dont on saura tout juste qu’elle est libraire et pratique – comme l’autrice – la photographie, va régulièrement et en toute saison séjourner dans la partie « hôtellerie...
E. Hopper, "Sun in an empty room", 1965 Depuis Henry James, on sait bien que dans les histoires de fantômes « un enfant donne un tour de vis de plus à notre émotion » (1). C’est donc un enfant, en costume vieillot d’écolier, que, dans une maison vide...
« Des villes, et encore des villes ; J’ai des souvenirs de villes comme on a des souvenirs d’amours : À quoi bon en parler ? Il m’arrive parfois, La nuit, de rêver que je suis là, ou bien là, Et au matin je m’éveille avec un désir de voyage. Mon Dieu,...
« Un jour, dans cette autre petite salle, il a mangé un poulet, arrosé de Dôle. Nous disons cela simplement parce que rien de plus important pour le moment ne nous vient à l'esprit. Une plume préfère écrire une chose incongrue plutôt que de se reposer...
« Si les âmes étaient visibles aux yeux, on verrait distinctement cette chose étrange que chacun des individus de l’espèce humaine correspond à quelqu’une des espèces de la création animale ; et l’on pourrait reconnaître aisément cette vérité à peine...
« Ensuite les tables furent couvertes de viandes ; antilopes avec leurs cornes, paons avec leurs plumes, moutons entiers cuits au vin doux, gigots de chamelles et de buffles, hérissons au garum, cigales frites et loirs confits. Dans les gamelles en bois...
Les quatre prix littéraires les plus importants ont à présent été tous décernés. Ils sont allés, si j’ai bien compris, à deux ouvrages historiques, à une enquête journalistique mâtinée de biographie, et à un autre « roman » qui grouille de personnes réelles,...
« Il se dirigea vers les chevaux de bois, parc pour les cauchemars des enfants et pour la paresse somnambulique de ceux qui les accompagnent, venant à cette heure — les inusables quatre heures de l’après-midi — de vagabonds, de bonnes sortant du bain,...
« Quand un petit homme cherche, angoissé, un endroit où vivre dans une ville inconnue, il se trouve brusquement privé des défenses que le savoir dresse contre les emprises de la magie. Les esprits diaboliques qui hantaient le monde primitif reviennent...
« Il aperçut en face de lui, de l’autre côté de la source, une espèce de gringalet en complet noir, qui avait une cigarette pendant à la lèvre et les mains dans les poches de son veston. Il portait un veston cintré à taille haute et un pantalon tout crotté...
« Chez l’oncle Gustave où l’on m’avait mis quand j’avais huit ans, il y avait des fleurs sur le papier : des pavots rouges dans ma chambre à coucher. L’oncle disait : "C’est la décoration qui sied à une chambre à coucher ; le pavot c’est la fleur du sommeil"....
« … d’ailleurs il n’y avait presque rien de particulier dans cet homme… rien absolument n’attirait au premier regard l’attention sur cet homme. C’était, quoi, un homme comme les autres, un brave homme, sûrement, pareil à tous les braves gens, et qui peut-être...
« Enfin, bref : je gagne mon pain quotidien en pensant, ruminant, creusant, fouillant, méditant, versifiant, cherchant, examinant et en me promenant, et j’en bave autant qu’un autre. Tout en faisant peut-être les mines les plus réjouies, je suis extrêmement...
« De temps à autre, la neige mouillée et drue, avant d’avoir atteint le sol, se liquéfiait sous forme d’une pluie lente, et il fallait scruter chaque flocon pour comprendre que ce n’était pas de la pluie, mais de la neige. Cette incertitude suscitait...
En 1963, il publie The Barracks (1), et est renvoyé de l’école où il enseignait, sur ordre de l’archevêque de Dublin. En 1965, il publie The Dark (2), est renvoyé définitivement de l’enseignement et part s’installer pour un temps en Angleterre. Apparemment...
Stern qui est écrivain dit j’ai des acouphènes car je suis écrivain, à longueur de journée retentit dans mes oreilles le bruit d’une de ces grosses machines à écrire à peu près impossibles à déplacer qu’on voyait encore dans les bureaux au début des années...
Les livres, ça ennuie tout le monde. On attrape vite mal à la tête, et puis ça ramasse la poussière, c’est encombrant. Comment s’en débarrasser ? On en trouve de temps en temps sur les bancs publics, déposés par de pauvres gens aux appartements trop petits....
On ne tombe bien sûr pas à tout bout de champ sur un grand livre. Le plus souvent on commence à lire dans l'incertitude puis au bout de quelques pages ou un peu plus on décide qu'on va aimer ou pas — dans un cas comme dans l'autre, sans réserve : les...
Au mois de mai prochain, il y aura cinquante ans qu’Alexandre Vialatte quittait ce monde. C’est donc, peut-être, l’année rêvée pour lire ou pour relire les œuvres de l’Auvergnat, né en 1901, qui traduisit et fit connaître Kafka en France avant de s’illustrer...
Actes Sud et les éditions de l’Imprimerie nationale se sont associés pour réaliser cet ouvrage, consacré à ce qui est peut-être pour nous l’objet littéraire par excellence — mais qui, comme on le découvrira à la lecture, ne l’a pas toujours été. Sous...
« C’est la nuit qui est continue. C’est la nuit qui est le tissu Du temps, la réserve d’être Et le jour n’ouvre là-dessus que par de méchantes fenêtres et des poternes. C’est le jour qui rompt et le jour n’ouvre là-dessus Que par de pauvres jours De souffrance....
« Le long d’un ciel crépusculâtre, Une cloche angéluse en paix L’air exilescent et marâtre Qui ne pardonnera jamais. Paissant des débris de vaisselle, Là-bas, au talus des remparts, Se profile une haridelle Convalescente ; il se fait tard. Qui m’aima...