Critique littéraire, billets d'humeur, entretiens avec des auteurs...
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Adieu séries estivales, écrivains méconnus, éclipses … Comme dans un film d’Ozu, l’automne, en tout cas littéraire, est précoce. Dès la fin de la semaine les premiers livres de la rentrée commenceront d’apparaître sur les étals des libraires.
Une rentrée qui, si j’en crois mes premières lectures, devrait être assez riche et passablement diversifiée dans le domaine privilégié de ce blog : le roman.
Plusieurs titres viennent démontrer avec bonheur que l’histoire familiale avec enquête et recherches ne tombe pas nécessairement dans l’accablante creative nonfiction. Ainsi du deuxième livre de Polina Panassenko, À voix haute (L’Olivier), dont l’autrice a bien voulu m’accorder un entretien, qui paraîtra dans les pages de ce blog. Et on pourrait citer aussi, dans le même esprit, le beau récit d’Anne Percin, Eugénie sous les bombes (Buchet-Chastel).
Mais le roman biographique n’a pas dit son dernier mot. Voir Signora Serfatti, de Serge Airoldi, consacré à la fameuse maîtresse juive de Mussolini (L’Antilope). Ou Bataille au procès, où Patrice Trigano met en scène le philosophe cité comme témoin en 1956 lorsque Jean-Jacques Pauvert fut poursuivi pour avoir publié Sade.
Et l’autobiographie elle-même, quel que soit le nom qu’on lui donne, continue de bien se porter sur le plan romanesque. Dimitri Bortnikov en est la preuve avec le très singulier Tombeau de Parsifal, chez Rivages, de même qu’Adèle Haenel, mais oui, qui « mène une enquête sur sa propre disparition » dans Viser juste, à L’Arche. Sans compter le nouveau titre de Christine Angot, Je change de nom (Flammarion).
Et puis il y a le roman tout court. Malgré la méfiance qu’il suscite souvent, il n’a heureusement pas disparu, même en France, où il peut être aussi bien intimiste (l’excellent troisième livre de David Lopez, Demi-Lune au soleil – Julliard) ou historique (l’émouvant Congés payés, de Tiffany Tavernier – Sabine Wespieser).
Pour ce qui est des traductions, le genre joue volontiers avec le fantastique tout en le gardant à distance. C’est le cas dans le nouveau livre de Kim Fu, La Vallée des esprits vengeurs (Héliotrope), comme dans Pampa, étonnant récit de l’auteur argentin Eduardo F. Varela (Métailié). Une mention spéciale à un magnifique premier roman britannique, Vie et mort d’une mite, de la trentenaire Rowe Irvin (Paulsen).
À partir de samedi et au cours des semaines suivantes, des détails sur tous ces ouvrages. Et aussi sur bien d’autres livres, dont Baignade surveillée, le nouveau roman de Laura Kasischke (Gallimard), sur Tzigane, mais le plus beau de tous, du Croate Kristian Novak (Les Argonautes), sur Début de printemps, de Penelope Fitzgerald, célèbre en Grande-Bretagne mais inconnue en France, qui « ne commença sa carrière littéraire qu’à soixante ans » et mourut en 2000 (La Table Ronde).
Bonne rentrée à tous, et bonnes lectures.
P. A.