• Paroles d'écrivains

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    « Le long d’un ciel crépusculâtre,

    Une cloche angéluse en paix

    L’air exilescent et marâtre

    Qui ne pardonnera jamais.

     

    Paissant des débris de vaisselle,

    Là-bas, au talus des remparts,

    Se profile une haridelle

    Convalescente ; il se fait tard.

     

    Qui m’aima jamais ? Je m’entête

    Sur ce refrain bien impuissant,

    Sans songer que je suis bien bête

    De me faire du mauvais sang.

     

    Je possède un propre physique,

    Un cœur d’enfant bien élevé,

    Et pour un cerveau magnifique

    Le mien n’est pas mal, vous savez.

     

    Eh bien, ayant pleuré l’Histoire,

    J’ai voulu vivre un brin heureux ;

    C’était trop demander, faut croire ;

    J’avais l’air de parler hébreu. »

     

    Jules Laforgeue, Complaintes

     

    Illustration : photo d'Eugène Atget, 1907


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  • Commentaires

    1
    Fabienne
    Mercredi 15 Avril à 19:37

    C'est quand même formidablement original comme poésie, ça me plaît bien. Merci, Pierre!

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