• Rilke, Léautaud, Safonoff

    www.seuil.comDans sa collection « Fiction et compagnie », le Seuil publie une nouvelle édition des Lettres à un jeune poète, de Rainer Maria Rilke. La traduction est de Sacha Zilberfarb (après Gustave Roud et bien d’autres). L’originalité est de présenter non seulement les lettres de Rilke, mais aussi celles (sauf la première, perdue) que lui adressait le jeune aspirant écrivain Franz Xaver Kappus. Auquel l’auteur des Sonnets à Orphée prodiguait des conseils tels que celui-ci : « Ce qui se passe au plus intime de vous mérite tout votre amour, c’est à cela que vous devez travailler, de quelque manière, sans perdre trop de temps et de courage à éclaircir votre position à l’égard des gens. Qui vous dit, après tout, que vous devez en avoir une ? »…

     

     

     

     

    Le Mercure de France poursuit sa publication du Journal particulier de Paul Léautaud. Après les annéeswww.mercuredefrance.fr 1933, 1935 et 1936, voici cette année l’année 1937. Rappelons qu’il s’agit des pages retirées du Journal tout court par celle qui le dactylographia, Marie Dormoy. Maîtresse de l’auteur du Petit Ami, elle préférait peut-être ne pas voir divulguer des informations telles que celle-ci : « Les choses agréables pour un homme, elle ne les aime pas et ne s’en cache pas. Elle ne sait pas jouir pour de bon, c’est-à-dire faire jouir rien qu’avec la bouche. Non plus branler vraiment, avec art ». Marie Dormoy a cependant tout conservé et tout transmis, c’est grâce à elle que nous pouvons lire : « Je lui ai fait sortir une jambe, et je me suis mis à lui embrasser le pied — elle a des pieds charmants — à m’amuser à lui sucer les orteils, notamment le gros, lui disant, en riant : "Quel dommage que ce ne soit pas une queue!" ».

     

     

     

     

    www.babelio.comLa revue Les Moments littéraires (voir ici et ici) consacre une part importante de son numéro 44 à Catherine Safonoff. L’occasion de faire plus ample connaissance avec une œuvre peut-être mal connue du lecteur français, et qui comprend une dizaine de titres, presque tous chez Zoé. « Avant la déferlante » de l’autofiction, cette écrivaine genevoise « a imaginé et commencé à pratiquer une exploration originale de son existence, en jouant avec les formes, en variant les éclairages », nous apprend Daniel Maggetti dans un long texte introductif. « Mon idée, c’est que l’écriture elle-même devient le produit addictif, devient la substitution de la substitution », écrit-elle quant à elle dans Le Mineur et le Canari (Zoé, 2012). « Et la difficulté, c’est que l’écriture est contrainte de signifier quelque chose, elle cherche à remonter à la source d’un poison qui est aussi un remède ».

     

    P. A.


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