•  photo Pierre Ahnne

     

    Ma pièce Dis-moi qui tu hantes a été jouée six fois au cours du mois de mars dernier au Théâtre de l’Île-Saint-Louis, à Paris. Elle était interprétée par Markus Fisher, Jeanne Gavalda et Marion Hérold. Elle sera reprise deux fois à Strasbourg au mois de mai.

     

    photo Pierre Ahnne

     

    Ceux d’entre vous qui n’ont pas pu assister à l’une des représentations et ne pensent pas se trouver le mois prochain dans la métropole alsacienne pourront se faire une idée du spectacle d’après les quelques photos et la courte vidéo que voici.

     

    photo Pierre Ahnne

     

    Aux autres, elles rappelleront des souvenirs…

     

    photo Pierre Ahnne

     

     

     

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  • photo Pierre AhnneElle est l’auteure de La Nymphe au cœur fidèle (1), succès mondial qui figurait encore dans les bibliothèques des jeunes filles nées avant 1950, surtout issues de familles anglophiles et protestantes. Garçon et né trop tard, je me souviens de l’avoir vu sur les étagères de mes sœurs. Margaret Kennedy, née à Londres, élevée en Cornouailles et diplômée d’Oxford, publia aussi une quinzaine d’autres romans, dont, en 1950, ce Festin, paru l’année suivante en français chez Albin Michel, réédité aujourd’hui par Quai Voltaire, dans la même traduction mais, dit l’éditeur, « entièrement revisitée ».

     

    Péchés capitaux

     

    Ça commence comme une de ces histoires de presbytère dont la littérature féminine britannique, de Jane Austen à Barbara Pym, s’est toujours montrée friande. Mais on comprend vite que la conversation entre deux ecclésiastiques en vacances qui ouvre le livre ne sera qu’une ébauche de récit-cadre, et que les débats entre courants divergents au sein de l’Église anglicane s’estomperont sans tarder. Non que le religieux soit totalement absent de la suite. L’avant-propos nous indique dans quelles circonstances la première idée du roman fut suggérée à son auteure, au cours d’une discussion entre amis parmi lesquels chacun projetait d’écrire une nouvelle sur l’un des sept péchés capitaux, en vue d’un recueil collectif. Margaret Kennedy reprend seule, à sa manière, le projet. La conversation initiale entre les deux prêtres met en place une situation qui, déjà, frôle le biblique : un mois plus tôt, dans cet aimable coin de Cornouailles, une falaise s’est effondrée, ensevelissant un hôtel et les vacanciers qui y résidaient. Certains, cependant, ont échappé à la catastrophe, dont l’un des deux ecclésiastiques se propose de relater à l’autre, venu le visiter, les détails. Retour en arrière, donc, quelques jours avant l’événement. Nous découvrons les pensionnaires, leurs histoires individuelles, les liens et les inimitiés qui naissent entre eux. On sent « le diable circul[er] » et, l’omniscience accordée au lecteur prêtant un caractère tragique à l’agitation quotidienne, on attend la chute annoncée.

     

    Elle surviendra pendant le Festin (The Feast) du titre : un pique-nique avec chansons et jeux, organisé par un groupe d’enfants à une distance de l’hôtel qui se révélera salutaire. Seront sauvés avec eux ceux des adultes qui les auront suivis et auront accepté de se prêter à leurs jeux. Les sept autres, restés dans leurs chambres, représentaient sans doute ces péchés dont, n’ayant pas reçu d’éducation anglicane ou catholique (voir plus haut), j’ai toujours du mal à me rappeler la liste.

     

    Sous la garde des enfants

     

    Ce qui est sûr, c’est que les défunts n’étaient pas sympathiques. Et il y a bien une dimension morale, plutôt que religieuse, dans le récit de l’auteure britannique. Mais fortement marquée par la préoccupation sociale qui imprègne souvent aussi les fictions venues d’outre-Manche. Le mal, ici, s’incarne d’abord dans les préjugés et le mépris des classes dominantes, tels qu’ils s’expriment au cours d’une discussion d’anthologie entre les futurs morts. « Il est bien normal aujourd’hui que les gens de notre classe défendent leurs intérêts », dit l’une. Et un autre de renchérir : « Je vais vous dire, moi, ce qu’il a, [ce pays] (…) : il est pourri, détruit par cet ignoble cri d’égalité ». Nous sommes dans l’Angleterre de l’immédiat après-guerre, gouvernée par les travaillistes. Et la pension de famille du Festin, où aristocrates, bourgeois aisés et chanoines en vacances côtoient des domestiques issus des classes populaires, pourrait bien être une allégorie de la Grande-Bretagne.

     

    Rien de schématique ou d’abstrait dans tout ça, cependant. Margaret Kennedy déploie devant nous une formidable galerie de personnages, tous fortement et finement individualisés : une vieille fille acariâtre, une femme qui n’aime pas ses filles, un prêtre qui martyrise la sienne, un lord humaniste, une jeune et solaire femme de chambre… Des enfants, naturellement. Eux non plus ne manquent jamais dans le roman anglais. Surgissant parfois en « une frise [qui] se découpe un instant contre le ciel », ils sont, avec leurs rituels, leurs jeux, leur propension au désordre et au rêve, les bons diables ou les bons anges de cette microsociété où ils incarnent, comme le suggère un des héros adultes, « un mouvement de résistance clandestin ».

     

    Avec ou sans avenir

     

    Tout ce monde se débat et se croise en un ballet de plus en plus captivant à mesure que, suivant le dispositif redoutablement efficace conçu par la véritable auteure, « les aiguilles du temps continu[ent] de tourner, se rapprochant toujours plus du Festin ». L’humour et l’ironie, ne serait-ce que celle du titre, n’en prennent que plus de saveur ; de même que, parfois, les touches de lyrisme — quand « le faible clapotis de l’eau », « plus pâle que le ciel, sauf à l’horizon où un crayon bleu foncé [trace] une large courbe », contraste discrètement avec la frénésie humaine comme avec la violence du dénouement qui approche.

     

    Lorsqu’il arrive, il fait clairement le tri, non pas tant entre les bons et les méchants qu’entre ceux qui sont restés terrés à l’hôtel comme en eux-mêmes, prisonniers de leur propre impossibilité de changer, et ceux qui, au contraire, savent « se tourn[er] vers l’avenir ». À la fin du roman, Nancibel, la jeune femme de chambre qui est peut-être la véritable héroïne, a compris « que la vie et les êtres sont très importants, que chacun est seul et que personne ne comprend vraiment personne ». Voilà la morale, sans moralisme ni illusion, de Margaret Kennedy.

     

    P. A.

     

     

    (1) The Constant Nymph. Plon, 1927 pour la traduction française. Réédité au Mercure de France en 2006, sous le titre, on se demande pourquoi, de Tessa.

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  • photo Pierre Ahnne

     

     

     

    Mes livres du mois de marsUne danse, Fradl Shtok, traduit du yiddish par Batia Baum et son atelier de traduction (Maison de la culture yiddish / Bibliothèque Medem)

    Six nouvelles au rythme endiablé, pleines d’exubérance et de mélancolie, pour dire l’opposition entre tradition et désir d’ailleurs dans le monde disparu du shtetl.

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    Mes livres du mois de marsLes Petits Personnages, Marie Sizun (Arléa)

    Marie Sizun donne une vie et un destin aux personnages secondaires de trente et un tableaux. Entre image et écriture, des histoires naissent, où l’on retrouve la musique de l’auteure et sa tendresse pour les humbles.

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    Mes livres du mois de marsCe n’est pas un fleuve, Selva Almada, traduit de l’espagnol par Laura Acoba (Métailié)

    Quelque part en Argentine… Une histoire de pêche, de forêt, d’amitié entre hommes. Et la respiration mystérieuse du monde.

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    Mes livres du mois de marsRaconter la nuit, François Emmanuel (Seuil)

    Deux sœurs, leur père peintre, une maison en Bretagne, un narrateur fasciné. Un roman du regard, à la recherche de « ce qui est derrière ce qui se voit ».

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    Mes livres du mois de marsLes méduses n’ont pas d’oreilles, Adèle Rosenfeld (Grasset)

    Louise est malentendante, voire sourde. Ça ne la rend pas très aimable, mais lui ouvre une vision étrangement poétique du langage et des choses.

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    Mes livres du mois de marsQuand j’étais petit, j’étais catholique, Pierre Kretz (La Nuée Bleue)

    Un village d’Alsace dans les années 1950. Le « petit catholique » y connaît bien des perplexités devant le monde des adultes et les mystères de la religion. Drôle et grave.

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    Mes livres du mois de marsVivre à ta lumière, Abdellah Taïa (Seuil)

    Trois moments dans la vie de Malika, entre 1954 et 1999. Par la force des voix et du style, Abdellah Taïa dit la passion d’exister malgré tout dans une société cadenassée.

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  • www.routard.com« Malika, c’est ma mère », écrit Abdellah Taïa en quatrième de couverture. Une telle déclaration annonce, au-delà de la réalité biographique éventuelle, un texte en forme de portrait mais aussi l’histoire d’une vie — et, ici, d’un pays, le Maroc, entre 1954 et la mort, en 1999, de Hassan II.

     

    Le portrait est celui d’une femme « têtue », pour parler comme elle. « Ton père », dit -elle à l’une de ses filles, « est un homme comme les autres hommes. Juste un homme. Il ne sait rien. Il ne fait rien. Il est gentil. Rien de plus. Et je n’ai pas d’autre choix que d’être plus forte que lui ». Forte, il faut l’être, pour réussir à faire plus que survivre, dans les interstices que laissent à une femme la société et l’histoire marocaines du XXe siècle. Pour raconter la vie de Malika, Abdellah Taïa use d’un art de la composition qui frappait déjà dans l’admirable Celui qui est digne d’être aimé (Seuil, 2017, voir ici). Trois moments dans l’existence de l’héroïne, qui la voient successivement fiancée et jeune épouse, femme d’âge mûr et mère, solitaire et vieille. Trois lieux : Béni Mellal, le « bled » où elle est née, Rabat, puis la ville, proche, de Salé. Trois personnages en face d’elle : Allal, son premier mari adoré, mort sous l’uniforme français en Indochine ; Monique, bourgeoise française née au Maroc ; Jaâfar, petit voleur venu rançonner la vieille femme — et qui lui rappelle, en filigrane, son fils, Ahmed, émigré en France.

     

    Sorts et contresorts

     

    À chaque fois, Taïa met en scène un acte accompli par Malika. Après la mort d’Allal, elle le fait « revenir » s’incarner, le temps d’une nuit, dans le corps de son ami Merzougue (« Merzougue est prêt à recevoir ton corps à travers son corps. Avance dans la nuit, Allal. Avance »). Plus tard, mariée à un autre homme et devenue mère de plusieurs enfants, elle oppose un contresort aux manœuvres de Monique pour séduire toute la famille et faire de Khadija, la plus belle de ses filles, une bonne. Vieillie, elle cherche à convaincre Jaâfar d’aller à Paris rechercher Ahmed.

     

    Mais la magie fonctionne deux fois, pas trois. Ahmed restera en France, Jaâfar préfère retourner en prison (« Parmi les hommes de la prison. Ce sont eux qui sont libres. Je sais que c’est difficile à croire, mais en prison on est libre »), Malika mourra sans doute seule. On ne peut pas gagner toujours contre les puissants. C’est-à-dire contre la France, qui, même après l’indépendance, « est encore là » ; qui, après avoir « pris » Allal en Indochine, est en train de « prendre » Ahmed. Mais aussi contre « le Roi, ses ministres et les riches », ou contre le microcosme redoutable de la famille. Malheur aux garçons ayant « les mêmes gestes, les mêmes manières » que Jaâfar ou Ahmed, dans les rues, ou dans la prison, qui les guette et devient l’allégorie d’un univers impitoyable.

     

    La langue du corps

     

    Devant de telles puissances, la sorcellerie et la force de caractère échouent. Est-ce bien un échec ? Dans chacun des trois récits composant le livre, quelque chose a lieu : Allal vient retrouver sa jeune épouse dans le corps de Merzougue ; entre Monique et Malika, pour un instant, « les frontières et les combats s’arrêtent. Le passé s’efface. Tout est suspendu » ; entre Malika et Jaâfar, quelque chose s’échange et s’apaise — assez pour qu’à la dernière page ils se souhaitent l’un à l’autre « bonne chance ».

     

    Le livre d’Abdellah Taïa dit l’acharnement à être et à vivre en refusant les lois imposées par d’autres (« Je ne reconnais pas leur société. Je ne suis pas la société. Nous ne sommes pas la société qu’ils veulent qu’on soit »). Ou, plutôt, il le fait dire aux voix de ses personnages et, avant tout, à celle de son héroïne. Sans narrateur extérieur, ce sont ces voix qui parlent, en ce sens que parle leur phrasé, leur grain — leur style, en somme. C’est le style qui porte tout le livre et qui fait son incroyable force émotionnelle. Si Taïa est un écrivain du corps, ce n’est pas, même si couleurs, lumières et saveurs sont chez lui très présentes, parce qu’il parlerait du corps, mais parce que son écriture est, très profondément, physique. Les phrases brèves, le rythme saccadé, les répétitions se combinent pour faire naître une langue hypnotique, celle même de l’urgence et de la passion de vivre. Comme Merzougue devient Allal, comme Jaâfar devient Ahmed, le texte se fait chair et rage de ses héros. Abdellah Taïa est un grand écrivain de l’incarnation.

     

    P. A.

     

    Illustration : une rue à Rabat

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  • photo Pierre AhnneLes éditions de la Nuée Bleue rééditent ce printemps un texte publié une première fois par leurs soins en 2005, et qui connut alors, en tout cas au-delà des Vosges, un franc succès. Il reparaît enrichi d’une postface de l’auteur, où celui-ci définit modestement son ouvrage comme le récit d’une « tranche de vie de la société rurale catholique alsacienne ».

     

    Les trois adjectifs sont d’égale importance. On est dans un « minuscule village » où les derniers chevaux et bœufs se mêlent encore aux tracteurs. En automne, les sarments séchés « entassés au bord des chemins au moment de la taille des vignes » brûlent en dégageant des nuages de fumée qu’on voit « se confondre parfois avec les brumes de novembre ». Les enfants sont envoyés chercher « du trèfle pour les lapins » et, au confessionnal, « les adultes [sont] prioritaires car le prêtre confess[e] à l’heure de la traite des vaches ». Si les mérites comparés de la Peugeot 203 et de la Simca Aronde intéressent beaucoup le « petit catholique » du titre, pas de télévision dans les foyers, sans parler de moyens de communication plus récents encore. Les seuls spectacles se donnent à l’église.

     

    Fiirla…

     

    Celle-ci est le lieu central du village, pas seulement parce que le héros est enfant de chœur et que l’extrême onction portée aux malades ou les enterrements lui sont des occasions bienvenues de manquer l’école. La religion imprègne profondément la vie sociale, se mêlant indissociablement au patriotisme : la plaque du monument aux morts est apposée dans une grotte de Lourdes, les fêtes « qui commémor[ent] les victoires sur l’ennemi héréditaire [sont] célébrées avec ferveur dans l’église du village ». Les protestants des villages voisins sont considérés avec un mélange de méfiance et de commisération (« On voit qu’on est chez les protestants, ici. Pas le moindre calvaire dans les champs. Ça fait vide. C’est triste »). Quant aux francs-maçons, ils sont toujours prêts à acheter aux petits catholiques, pour « des poignées de bonbons et de Carambar », des hosties consacrées qu’ils transpercent « avec des aiguilles, uniquement pur faire souffrir Jésus ».

     

    Tableau d’une époque de la vie religieuse plutôt que d’une époque tout court, les années 1950. Mais aussi, comme toujours chez l’auteur, portrait d’une région : cette Alsace où les deux branches du christianisme occidental se juxtaposent et s’observent ; où le souvenir d’un passé complexe et douloureux n’est jamais bien loin (« Le petit catholique se demandait (…) pourquoi tous ces soldats du village qui avaient leur nom sur la plaque du monument étaient en réalité morts à la guerre sous l’uniforme de l’ennemi héréditaire »). Où le dialecte est alors, dans les campagnes, encore la langue dominante (et fiirla est tellement plus parlant que « faire du feu » ou « feuer machen »…).

     

    Le mystère des mots

     

    Cependant, le récit de Pierre Kretz est autre chose et plus qu’une chronique villageoise ou le « document d’archives ethnologiques » auquel, toujours avec modestie, il le compare dans sa postface. Il y écarte nettement la nostalgie comme l’allusion d’actualité (si on croise un aumônier scout qui appuie son propos de « gestes (…) inattendus », ce n’est en effet qu’en passant). Quand j’étais petit, j’étais catholique est, nous dit-il, d’abord l’histoire « d’un enfant solitaire ».

     

    De fait, sous l’humour et l’ironie légère qui semblent faire le charme du récit se cache une vraie gravité. Le « petit catholique » est un grand tourmenté. Ce servant de messe, si pieux que le curé espérera longtemps le voir entrer au séminaire, a des angoisses métaphysiques, qui sont celles de toutes les enfances, et dont l’évocation donnent à cette histoire faussement régionale une profondeur universelle (comment aimer un « Dieu Tout-Puissant » qui est amour ? Comment être jamais sûr de l’aimer assez ?).

     

    Le monde des adultes en général, à une époque où on dialoguait peu en famille, est source de bien des perplexités. La grande force du texte est de tracer le portrait d’un enfant perplexe et anxieux par le moyen de la grammaire. Pas de noms, ici. Si on partage en permanence le point de vue du personnage, celui-ci restera toujours « le petit catholique ». Et cet emploi de la troisième personne matérialise la distance avec l’adulte qui nous parle à travers lui, mais aussi, du même coup, entre l’enfant et le monde qu’il habite.

     

    Cette étrangeté s’inscrit dans le rapport au langage. « Les petits catholiques [ont] l’habitude d’utiliser des mots dont le sens leur échapp[e] totalement ». Mots qui arrivent « par vagues groupées », « au point de perdre toute existence autonome ». « Seules les phrases ou les lambeaux de phrases [ont] le doit d’exister », ainsi « Marie, la Très Sainte Mère de Dieu toujours vierge », ou « le Verbe s’est fait chair » — dont on comprend, quand même, que « ça [veut] dire que les verbes se conjugu[ent] le dimanche du haut de la chaire ».

     

    À la fin, le petit catholique, plus grand, se plongera dans des lectures autres que Cœurs vaillants ou la vie du curé d’Ars. Elles atterreront son ancien curé, et lui ouvriront les portes d’un univers nouveau. Les mots donnent forme à tout, et changer de mots, c’est changer de monde. Pierre Kretz le montre bien. Sans complaisance rétrospective ni sociologie déguisée. Par la grâce de l’humour et l’usage de la langue.

     

    P. A.

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