• Quelques lectures pour la fin de l’année 2020

    photo Pierre Ahnne

     

    Soyons positifs : parmi les multiples surprises que nous réservait l’année qui s’achève, il y en a aussi eu de bonnes. D’abord, la lecture s’y est révélée une activité sinon « essentielle », au moins prisée. Ensuite, la rentrée littéraire a été riche en ouvrages intéressants. Comme tous les ans à pareille époque, en voici quelques-uns, parmi ceux qui m’ont plu et dont j’ai parlé.

     

    Autant de lectures possibles en temps de couvre-feu, avant 2021 et des jours peut-être meilleurs — c’est en tout cas ce que je vous souhaite.

     

    Rendez-vous en janvier, pour parler du nouveau Marie Sizun, du nouveau Gilles Sebhan, du nouveau Chris Kraus. De Maryline Desbiolles, de Marie Ndiaye, d’Hédi Kaddour, et de bien d’autres…

     

    photo Pierre Ahnne

     

     

    Dans le secret des familles

     

    Fille, Camille Laurens (Gallimard)

    La vie de Laurence, entre ses parents, ses sœurs, son corps, son fils, sa fille, c’est aussi l’aventure d’un mot et la naissance d’une future (grande) écrivaine.

     

    Les Grandes Poupées, Céline Debayle (Arléa)

    Qu’est-ce que l’Indochine ? Pourquoi Josette n’a-t-elle plus le droit d’aller au Balto avec son père adoré ? Pourquoi doit-elle passer l’été avec sa mère, sa cousine et sa tante haïe ?... Une enfance des années 1950, tout en couleurs et en ruptures de ton.

     

    Les Lionnes, Lucy Ellmann (Seuil)

    On n’en a pas assez parlé… Ce long monologue intérieur d’une ménagère américaine dans sa cuisine est un des livres les plus étonnants de la rentrée. Et, peut-être, un des plus jubilatoires…

     

     

    Dans les tourments de la jeunesse

     

    Qui sème le vent, Marieke Lucas Rijneveld (Buchet-Chastel)

    Le premier roman de cette jeune écrivaine a fait grand bruit aux Pays-Bas. Il y a de quoi : un frère qui meurt, le corps qui change, les vaches décimées, la Bible… une langue exubérante et violente, la farce paysanne côtoie toujours la mort.

     

    La Ville aux acacias, Mihail Sebastian (Mercure de France)

    En 1935 paraissait en Roumanie ce roman traduit aujourd’hui pour la première fois. On y voyait Adriana grandir, hésiter entre plusieurs amours, découvrir le langage du corps… On y voyait passer les saisons, nuits d’été, songeries hivernales, mélancolie…

     

    L'Invitation à la valse, Rosamond Lehmann (Belfond)

    Retour d’une écrivaine anglaise très injustement oubliée. Olivia, dix-sept ans, va à son premier bal et y découvre, sous les apparences mondaines, le vrai monde. Subtil, cruel et plein de charme.

     

    Le même éditeur republie aussi Intempéries, où on retrouve l’héroïne des années plus tard. L’appartenance de Rosamond Lehmann au Bloomsbury Group y est encore plus sensible, dans l’habile entrelacs du dialogue et du monologue intérieur.

     

    photo Pierre Ahnne

     

     

    Face au silence des choses

     

    Okuribi, Hiroki Takahashi (Belfond)

    Faux roman d’adolescence sur fond de harcèlement scolaire, où le héros n’entre pas tant dans l’âge adulte que dans l’intimité de l’univers. Paysages, parfums, insectes, tout ici est signe.

     

    Sous la lumière des vitrines, Alain Claude Sulzer (Chambon)

    Ce sont des choses bien différentes qu’on rencontre dans le roman de l’écrivain suisse, où un décorateur de vitrines voit sa vie minuscule bouleversée par l’irruption de la modernité. L’inquiétante étrangeté des étalages d’antan, et, en filigrane, une subtile réflexion sur l’œuvre d’art…

     

    P. A.

     


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  • Commentaires

    2
    Dimanche 20 Décembre 2020 à 15:54

    Je suis en train de le lire !

    Bonnes vacances (je les imagine bien méritées)...

     

    1
    Christine Fontana
    Samedi 19 Décembre 2020 à 17:43
    Voilà de quoi occuper nos longues soirées d'hiver, confinées qui plus est. J'attends avec impatience tes commentaires sur le nouveau Marie Sizun.christine Fontana
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