• Alain Wagneur a publié six romans pour la jeunesse (La classe connaît la musique, Embrouilles à ma façon, Gallimard, « Folio junior », 2000 et 2005…), ce qui peut sembler cohérent avec son activité de directeur d’école à Paris. Il est aussi l’auteur de six romans policiers assez noirs (Hécatombe-les-Bains, Djoliba, fleuve de sang, Actes Sud 2008 et 2010…), ce qui, à première vue, est plus contradictoire. Cette « contradiction » même, le contraste apparent entre deux inspirations aussi différentes, m’a donné envie de lui poser quelques questions, auxquelles il a bien voulu répondre.

     

    Ajoutons à cela que je ne suis pas un grand lecteur de « polars », les habitués de ce blog l’auront remarqué. Outre l’efficacité redoutable que j’ai trouvée à ceux d’Alain Wagneur, j’ai été curieux d’écouter et de faire entendre la voix d’un auteur pratiquant un genre aussi prisé de bien des lecteurs, et travaillant non sans succès à faire oublier que ledit genre échappe quelquefois à la littérature.

     

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    Comment en êtes-vous venu à écrire ?

    … On peut y revenir ?

    C’est une question si complexe,  embrouillée ! Se la poser revient à s’interroger sur son passé, sa formation, sa façon d’être dans le monde et se demander : « Qu’est-ce que je fais de tout ça ? »…

     

    Comment écrivez-vous ?

    De préférence, sur des temps très limités, parce que j’ai besoin d’une contrainte. Une heure avant d’aller travailler c’est parfait : on a le dos au mur, la paresse n’a pas le loisir de s’exprimer. La BNF c’est très bien aussi, car on ne peut rien faire d’autre.

     

    Par ailleurs, j’écris en lisant. Un projet de roman c’est un prétexte à lectures. Et, en même temps, lire présente alors un intérêt supplémentaire à cause de l’écriture qui va suivre.

     

    Quand quelqu’un, en général c’est un homme, vient à moi dans un Salon du livre et me dit : « Moi aussi je voudrais écrire un polar, pouvez-vous me donner des conseils ? », je lui demande toujours : « Que lisez-vous ? ». La plupart du temps il me répond : « Rien », ce qui laisse mal augurer de ses velléités d’écriture. Écrire, pour moi, c’est avoir l’humble prétention de dire aux plus grands parmi les écrivains : je vous rejoins un peu.

     

    Est-ce pour vous un travail ?

    Oui. Un travail pas très drôle. En fait je dirais plutôt une pratique. Quelque chose de l’ordre du sport ou de la religion. C’est-à-dire, encore une fois, rien de très drôle en soi, mais on se sent plutôt mieux quand on l’a fait que quand on ne l’a pas fait et de temps en temps on éprouve une certaine exaltation. Décidément il y a là quelque chose de religieux, au sens aussi où l’entend Pascal, qui dit qu’il n’y a pas besoin de croire pour prier, qu’il faut commencer par prier et que la foi vient ensuite.

     

    Y a-t-il des auteurs dont vous vous sentiez proche ?

    Plutôt des livres que des auteurs. Je ne suis pas un consommateur d’œuvres complètes. C’est pareil au cinéma ou pour la musique.

     

    Le récit de Modiano Dora Bruder me parle beaucoup. De même que certains livres de Nerval. Je crois que l’écriture est une expérience spectrale. Je suis très sensible aussi au thème de la déambulation, à l’importance des lieux. Dans mes romans, situer l’intrigue à Blainville (ville portuaire où se déroulent plusieurs des romans d’Alain Wagneur, dont Hécatombe-les-bains et Terminus Plage, Actes Sud 2005, ndlr), c’est-à-dire à Royan, c’est avoir une occasion de parler des lieux et de faire remonter les souvenirs.

     

    J’ai aussi eu envie de parler de l’Afrique (dans Djoliba, fleuve de sang, ndlr), peut-être à cause d’une photo. Mon grand-père maternel, qui travaillait aux halles de Paris, a dû se rendre à Konakri en 1946 ou 1947, pour y acheter des bananes. J’ai une petite photo de lui habillé en Tartarin, short, casque colonial, fusil, en compagnie d’un boy, devant un Juva 4… Cette photo m’a donné envie d’interroger ce qu’était l’Afrique dans mon imaginaire, dans notre imaginaire collectif, le colonialisme, mais aussi, pour les gens de ma génération, la coopération, l’aide au développement, les actions humanitaires…

     

    Pour en revenir aux livres et aux auteurs, il y a quand même tout Jean-Patrick Manchette. Et Hugues Pagan, qui publie chez Rivages : un des rares ex-flics qui soit devenu un très bon auteur de polars.

     

    Les Américains ? James Lee Burke, Ellroy… Mais à la longue on se fatigue un peu de la perfection américaine, du savoir-faire extraordinaire des écrivains américains.

     

    Tout oppose apparemment les deux versants de votre travail : les policiers et les romans pour la jeunesse. S’agit-il de deux inspirations complètement différentes ou y a-t-il malgré tout un rapport entre les deux ?

    Raconter des histoires. Voilà ce qui est commun.

     

    Qu’est-ce qui se passe quand un adulte feint d’être un enfant pour raconter à un enfant des histoires que ce dernier ne pourrait pas écrire ? Qu’est-ce que je dis quand je fais semblant d’être un flic ou un voyou, que je ne suis pas et que je n’ai jamais été ? À la question « pourquoi écrivez-vous ? », je crois que je répondrais : pour retrouver quelque chose de cette époque où on jouait aux cow-boys. Ces dimanches des années soixante,  une seule chaîne de télé, elle donne par exemple Rio Bravo… et le lendemain à l’école avec les copains on rejoue ce qu’on a vu la veille à la télé.

     

    Le « polar » exige un grand réalisme des détails : il faut connaître ceux de la routine policière et judiciaire, mais aussi pouvoir décrire les usages de tel ou tel métier, les lieux où ces métiers s’exercent… Cela vous demande-t-il un gros travail de recherche ?

    L’idée selon laquelle le polar est réaliste est erronée. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les vrais flics sont rarement de bons auteurs. Dans une véritable enquête policière il n’y a la plupart du temps rien de romanesque : on connaît presque toujours le coupable et il s’agit simplement de monter la procédure. L’impression de réalité dans les romans policiers est donc un artifice, un effet de l’art, un mentir-vrai. L’auteur a plutôt intérêt à ignorer les détails réels pour donner la priorité au style. La littérature est un jeu de bonneteau : quand on se pose la question de la vraisemblance, quand on se dit : « Là, l’auteur exagère », c’est le signe que c’est mal fait.

     

    Le héros de votre roman Comment L. A. ? (La Branche, « Suite noire », 2010), ancien cinéaste tombé dans le porno, puis détective privé spécialisé dans les photos à la sauvette de couples adultères, se projette en permanence un film mental dans lequel il vit à Los Angeles. Faut-il voir en lui une métaphore de l’écrivain auteur de romans policiers ?

    Non. Plutôt de l’écrivain français jaloux de l’écrivain américain ! Dans la culture américaine il y a cette tradition de la mise en scène de gens ordinaires, dans des lieux ordinaires, tout cela restant pourtant fascinant. Le livre dont vous parlez est à la limite du pastiche. C’est un clin d’œil à Brautigan et à son Privé à Babylone.

     

    Je pensais aussi au thème du voyeurisme…

    Avec la référence au porno on est plutôt dans le domaine de la sous-culture. Notre génération a eu accès à deux cultures, mais de façon très différenciée, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Au lycée on nous parlait de Flaubert mais il y avait toujours un jeune prof pour nous dire : allez aussi voir du côté de San-Antonio. La série B, le cinéma érotique… tout cela fait partie de nos références.

     

    Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

    Il s’agit encore d’enquêter, pourtant ce ne sera pas un polar. Je cherche à retrouver dans les documents administratifs des traces de la vie quotidienne des écoles sous l’Occupation. Je me demande en particulier comment les directeurs d’école, notamment dans le vingtième arrondissement de Paris, où j’habite comme vous, ont réagi à la disparition de parfois plusieurs dizaines de leurs élèves juifs qui avaient été raflés.

     

    C’est l’occasion d’explorer le monde des archives, mais le roman n’est jamais loin. Par exemple, à quoi ressemble une sortie d’école sous l’Occupation, en hiver, avec le black-out ? Des images me reviennent, vues au cinéma : pèlerines, bérets, temps nécessairement gris… Écrire, c’est aussi retrouver ainsi certaines images mentales. Cela devrait déboucher sur un récit dans lequel je raconterais mes recherches elles-mêmes et ce qu’elle m’évoquent.

     

    Vous avez donné, chemin faisant, certains éléments de réponse à la première question que je vous avais posée…

    Oui, en répondant directement à cette question, j’aurais peur de tomber dans la prétention ou la grandiloquence. Autant s’en tenir là.

     

     


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  • Philippe Honoré a longtemps pratiqué le théâtre, en tant qu’auteur, metteur en scène, directeur.  Il a été en particulier pendant plusieurs années responsable de la Scène du Jura. Il est aussi romancier (L’Obligation du sentiment, Arléa 2008).

     

    C’est cependant à un autre titre qu’il répond ici à quelques questions. En effet, depuis septembre 2010, il dirige la Librairie Honoré (11, rue Albert-Thomas, 94500 Champigny-sur-Marne). Ce parcours singulier, le choix d’une profession dont parutions et prix viennent en ce moment rappeler l’importance, justifient la présence de Philippe Honoré dans la rubrique « Entretiens », dont il inaugure l’ouverture à des figures du paysage littéraire autres que les seuls auteurs.

     

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     Comment êtes-vous devenu libraire ?

     

    D’abord, je ne le suis pas : c’est un vrai métier, contrairement à celui de directeur de théâtre, que j’ai exercé un certain temps. Libraire, j’apprends à l’être, je commence à le devenir, je ne le suis pas encore. Je suis d’ailleurs toujours étonné et admiratif devant les gens qui se lancent tout seuls dans ce domaine. En ce qui me concerne, je suis accompagné par quelqu’un qui a trente ans d’expérience dans la librairie et sans qui je n’y arriverais pas. J’ai d’ailleurs aussi engagé récemment une jeune fille tout à fait passionnée.

     

    Pour revenir à la question, je n’avais pas vraiment l’idée au départ. J’étais professeur de théâtre au conservatoire de Champigny-sur-Marne. Là, un jour, dans une conversation avec une amie, nous en venons à parler de ce que nous aimerions faire « avant la retraite ». Et je dis, un peu par plaisanterie, que je tiendrais volontiers une petite librairie près de chez moi, dans le onzième arrondissement de Paris. Cette amie me répond que j’aurais tort d’attendre et que je ferais mieux de choisir Champigny, où il n’y a plus de librairie. Je me suis dit : pourquoi pas ? 

     

    À partir de là tout s’est enchaîné comme dans un conte de fées. J’ai obtenu les subventions indispensables, une libraire habitant Champigny venait de quitter Virgin, je l’ai rencontrée, elle a accepté de venir travailler avec moi.

     

     

    Vous avez déjà en partie répondu à la deuxième question : pourquoi la banlieue, et pourquoi cette banlieue ?…

     

    Oui, comme je vous l’ai dit, il y a eu une part de hasard : si j’imaginais quelque chose, c’était une petite librairie à Paris, axée sur la littérature et le théâtre. En fin de compte je me retrouve à diriger une librairie généraliste, qui vend beaucoup de livres pour la jeunesse, de mangas, de bandes dessinées, et à Champigny-sur-Marne. Mais il n’y a pas que le hasard non plus. Je m’étais attaché à cette ville où la population est mêlée et où la municipalité communiste fait énormément pour la culture.

     

     

    Vous considérez-vous comme un commerçant ?

     

    Oui. Même si j’ai tendance quelquefois à l’oublier…

     

    Pour vous répondre, je vais remonter un peu loin. Depuis des années je pense que le milieu théâtral est gris, triste et sans passion. Quand j’ai publié un roman et que je suis allé dans des librairies un peu partout en France pour des signatures, j’ai rencontré des gens extraordinaires, ouverts à l’autre, passionnés. Parmi eux, le directeur d’une minuscule librairie près de Melun qui me disait en montrant sa toute petite boutique : dans cette pièce, il n’y a pas un seul livre que je n’aime pas. J’aimerais pouvoir en dire autant. Mais ce n’est pas le cas, et puis je pense qu’on ne peut pas mépriser le plaisir que prennent certains lecteurs à lire certains livres dont je ne pense pas beaucoup de bien. Je les leur vends, en leur souhaitant une bonne lecture. Dans cette mesure, je suis commerçant, ou si vous voulez chef d’entreprise. J’en viens d’ailleurs à me demander, à propos de certaines animations culturelles : est-ce que ça rapporte ?

     

     

    Cherchez-vous à promouvoir plus spécialement la littérature ?

     

    Évidemment. Ma collaboratrice et moi avons instauré un système : la table de Philippe et la table de Sophie. Ce sont des tables thématiques, où nous exposons des livres que nous avons particulièrement aimés. Cela nous permet d’en vendre beaucoup, et vendre par exemple plusieurs dizaines d’exemplaires de Si le grain ne meurt c’est le bonheur absolu. Nous pratiquons aussi le système des petits mots collés sur la couverture et signalant les ouvrages littéraires qui nous plaisent.

     

     

    À première vue, votre activité actuelle paraît très différente du théâtre, qui est votre monde d’origine. Y a-t-il malgré tout un rapport ?

     

    Le théâtre tient toujours une place importante dans ma vie : je partage en fait mon temps en deux, la librairie et le théâtre. Mais il n’y a pas de rapport entre les deux activités. Bien sûr, dès qu’on est dans des rapports humains, le théâtre n’est pas bien loin, mais à part ça…

     

    En revanche, la librairie m’a permis de lire et de rencontrer des gens que j’adapte au théâtre, après avoir acheté les droits.

     

     

    À l’heure du numérique, comment voyez-vous l’avenir du livre ?

     

    J’ai connu un libraire qui s’apprêtait à vendre son magasin et qui m’a dit : « Je vends parce que dans cinq ans il n’y aura plus de librairies. » Pour ma part, je ne suis pas inquiet. Je pense que plus il y aura de virtuel, plus on aura besoin de conseils et de personnalisation. Je n’avais jamais lu un livre sur tablette. Je l’ai fait récemment, ce n’est pas désagréable. Et puis c’est vrai qu’on se dit : cinquante livres dans un volume de cent grammes… Mais quand on voit la beauté de certains livres pour enfants et leur succès auprès du public, on se dit que ce n’est pas demain qu’on supprimera le papier !

     

     

    Vous êtes aussi auteur : votre expérience en tant que libraire pourrait-elle vous inspirer un roman ?

     

     Non. Je pensais que tenir une librairie allait m’empêcher d’écrire, et je n’avais pas tort : lire, comme c’est mon cas, un livre tous les deux jours, voire tous les jours, c’est très inhibant. Soit on est dans l’admiration et on se dit : je ne pourrais jamais faire aussi bien, soit on est dans le dégoût, et on se dit : à quoi bon écrire quand on voit ce qui se publie ?…

     

     


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  • Alain Blottière, qui partage son temps entre Paris et l’Égypte, aime à confronter dans ses romans l’Occident actuel à d’autres civilisations ou à d’autres époques, et la littérature à d’autres moyens d’expression (la peinture — Saad, Gallimard, 1980 —, le cinéma — Le Tombeau de Tommy, Gallimard, 2009…). Ce va-et-vient entre l’ici et l’ailleurs, cette ouverture au monde et à l’autre, sont sans doute ce qui caractérise le plus nettement son écriture toute de précision et de lyrisme maîtrisé.

     

    On les retrouve dans son dernier roman : Rêveurs, qui paraîtra chez Gallimard le 6 septembre, et où se croisent les destins de deux adolescents, l’un parisien, l’autre cairote, à l’heure de la révolution égyptienne.

     

     

    Entretien avec Alain Blottière

    pour illustrer cet entretien, Alain Blottière nous a fait parvenir une photo d’un endroit du Caire qu’il évoque dans Rêveurs

     

     

    Comment en êtes-vous venu à écrire ?

     

    En lisant, je crois. C’est la lecture qui m’a amené à l’écriture. Enfant, j’étais un maniaque de lecture. Je me suis mis à écrire par esprit d’imitation : je voulais écrire de belles histoires comme celles que je lisais dans les romans d’Hector Malot, par exemple. C’est du moins ce que j’ai tenté de faire dans un « roman » commencé à dix ans.

     

    Plus tard, à l’adolescence, j’ai été pris d’une frénésie poétique. C’est assez courant. J’ai écrit de nombreux poèmes, et quand je me suis lancé, à vingt-deux ans, dans mon premier roman, Saad, c’était en me disant que si je ne passais pas par cette étape je ne parviendrais jamais à publier mes poèmes. D’ailleurs l’écriture de ce premier livre est assez marquée par la poésie.

     

     

    Comment écrivez-vous ?

     

    Le plus souvent, couché. C’est plus facile maintenant, avec les ordinateurs portables. Ce goût pour la position allongée me vient sans doute de ma mère : elle était turque, et en rentrant de l’école à midi je la trouvais réveillée, mais encore à demi-allongée dans son lit comme sur un divan oriental. Je lui dois sans doute aussi mon côté noctambule, d’ailleurs. Quand j’ai besoin de documentation, évidemment, je suis obligé de m’asseoir à mon bureau.

     

    Une condition indispensable est qu’il y ait le moins de lumière possible. Pour la littérature, quand je travaille le jour, je ferme les rideaux.

     

    Bien entendu le bruit, l’agitation, doivent être proscrits. Je ne pourrais jamais écrire dans les cafés, où je serais sans cesse distrait, parce qu’intéressé, par tout ce qui se passerait autour de moi.

     

     

    Écrire, est-ce pour vous un travail ?

     

    Écrire quoi ? Tout dépend…

     

    Quand j’écris de la littérature, non, ce n’est absolument pas un travail : c’est un jeu, un jeu compliqué, certes, qui fatigue les neurones comme le go ou les échecs, mais j’en tire beaucoup trop de plaisir et même de bonheur pour considérer ça comme un travail.

     

    Au contraire, quand j’écris, sous pseudonyme, des livres de commande, ce qui est la façon dont je gagne ma vie, j’y passe beaucoup de temps et c’est vraiment un travail, où diverses contraintes, que je n’ai pas choisies, sont très pesantes. L’écriture d’un roman, c’est les vacances.

     

     

    Y a-t-il des auteurs dont vous vous sentez proche ?

     

    Quand j’ai découvert, à vingt-trois ans, François Augiéras, j’ai eu l’impression d’avoir trouvé une sorte de jumeau littéraire. J’étais alors abonné au bulletin d’information des Éditions de Minuit. Un jour ils ont annoncé la réédition du Vieillard et l’enfant. Je n’avais jamais entendu parler de ce livre ni de son auteur, mais la notice m’a fait entrer dans une librairie. J’ai eu aussitôt ce sentiment de proximité. Le côté « érotique-sacré-primitif » me convenait parfaitement. Pendant dix ou quinze ans j’ai continué à me sentir très proche d’Augiéras.

     

    Mais par ailleurs, plutôt que des auteurs, je citerais des livres : par exemple Actes impurs, de Pasolini, les poèmes d’Une ardente solitude, de Sandro Penna, Les Vanilliers, de Georges Limbour. Cela ne veut pas dire nécessairement que j’aime les autres œuvres de ces auteurs, mais ces textes-là résonnent en moi.

     

     

    Enfants, adolescents, très jeunes gens sont les personnages principaux de vos romans. L’enfance et l’adolescence sont-ils pour vous le temps d’un rapport privilégié à la réalité ?

     

    Oui, parce qu’à ces âges-là on découvre tout, et donc on ressent tout plus intensément. Je pense que les adolescents (je parle surtout des garçons, je connais moins les filles) ont un besoin de vie intense. C’est pour ça que, d’un point de vue romanesque, ils m’intéressent beaucoup : ils ne sont jamais des êtres domptés. Même dans la vie, ce sont toujours des gens intéressants à fréquenter, pour cette raison. L’âge bête commence après.

     

    Ce rapport particulier des adolescents à la vie est du reste ce qui fait le sujet de mon roman Rêveurs, et aussi d’ailleurs du Tombeau de Tommy, qui évoque le tournage d’un film consacré à un très jeune membre du groupe Manouchian, Thomas Elek, dont un adolescent d’aujourd’hui joue le rôle. Dans les deux cas on a un adolescent pour qui l’intensité est imposée par les circonstances historiques (Tommy, et le jeune Égyptien des Rêveurs). Face à eux, je mets en scène un de ces adolescents qui, dans nos sociétés aseptisées, vont chercher l’intensité dans le virtuel ou dans des activités mortifères, comme le jeu du foulard auquel s’adonne le héros occidental des Rêveurs.

     

     

    Quand vous faites dire au narrateur du Tombeau de Tommy, justement : « …l’art n’est rien que de l’art… un reflet dérisoire des beautés, des larmes et du sang du réel », est-ce vous qui parlez ?

     

    Oui. Je ne sacralise pas l’art, surtout pas l’art qui figure, qui représente. Je ne fais pas partie des gens qui en font une priorité. Pour moi, une émotion est toujours plus intense quand elle vient de la réalité plutôt que de sa représentation. Je trouve l’intensité dans la rue, ou dans la nature, plutôt que dans un musée ou dans un livre. C’était d’ailleurs tout à fait l’inverse quand j’étais enfant et passais des heures, pendant les vacances, enfermé dans ma chambre à lire au lieu d’aller à la plage. Mais à présent je considère que les plus belles émotions ce sont celles de la vie.

     

     

    Vous êtes l’auteur de sept romans, mais aussi de plusieurs essais consacrés à l’Égypte, actuelle ou passée. Quel rapport établissez-vous entre ces deux types d’écriture ?

     

    Je mets autant de moi-même dans l’un que dans l’autre. Quand j’ai écrit sur l’Égypte de la première moitié du XXe siècle, dont j’ai une profonde nostalgie parce que je ne l’ai pas connue, quand j’ai écrit L’Oasis (Quai Voltaire, 1992, Payot, 1994, ndlr), à propos de l’oasis égyptienne où je passe plusieurs semaines par an depuis longtemps, ce sont des projets que j’avais proposés et dans lesquels je me suis investi autant que dans mes romans. On en revient, d’une certaine manière, à la question précédente : il y a là des émotions que j’ai ressenties et que je veux rendre.

     

     

    Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

     

    Sur rien, mais je vais commencer à écrire le texte d’un « livre d’artiste » : Jean-Pierre Thomas met en œuvre des livres, sur le thème des voyageurs urbains, qui existent en cinq exemplaires et où tout est original, ses dessins comme le court texte manuscrit par l’auteur qu’il a choisi.

     

     


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  • Après avoir été responsable d’un centre d’hébergement Emmaüs puis avoir partagé un temps la vie des gens de cirque, Xavier Bazot a décidé de se consacrer uniquement à l’écriture. Il vit à Paris mais des bourses de résidence l’amènent quelquefois à séjourner sous des cieux proches ou lointains.

     

    Qu’il explore le thème du couple (Tableau de la Passion, P.O.L. 1990), raconte son enfance dans la pâtisserie familiale (Un fraisier pour dimanche, Le Serpent à plumes 1996) ou évoque le monde des exclus (Camps volants, Champ Vallon 2008), Xavier Bazot use d’une syntaxe singulière, où la phrase se diffracte autour de certains mots clés. Son œuvre discrète et exigeante allie le réalisme à la fantaisie poétique.

     

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    Comment en êtes-vous venu à écrire ?

    Le don artistique est une manifestation hystérique, comme le don des langues, qui a visité les apôtres lors de la Pentecôte. Comme je suis né au XIXe siècle dans une famille de petite bourgeoisie catholique de province (le XIXe s’y est arrêté en 1967, quand les femmes ont pu maîtriser leur procréation) cette hystérie a cristallisé sur le métier le mieux idéalisé à cette époque : écrivain.

     

    Comment écrivez-vous ?

    À la main, au stylo à encre, sur des feuilles de papier pelure 32 grammes, de marque Éléphant, introuvable aujourd’hui, empilées pour obtenir une surface moelleuse. Je garde ainsi tous mes brouillons. Chaque feuille du travail d’un texte est datée, numérotée dans l’ordre de l’écriture (de 1 à 1275 pour mon dernier roman publié, Camps volants, lequel compte au final 150 pages imprimées), annotée de lettres (de aa à az, puis de ba à bz, etc.), qui suivent le développement du texte définitif. Nous pouvons avoir ainsi en moyenne une dizaine de feuilles qui portent les mêmes lettres.

    Je suis incapable d’écrire sur un bout de table, entre cinq et sept. Il me faut la journée, que dis-je, des semaines libres de tout engagement, pour que naissent dix pages.

     

    Écrire, est-ce pour vous un travail ?

    Souffrance et jouissance, apanages du travail, sont bien présentes dans l’écriture. Mais est-ce un métier ? Beaucoup le nient, puisque notre activité ne génère aucun revenu. L’exercer nous coûte du temps, donc de l’argent. Nous payons pour écrire. Pour moi, écrire est mon seul métier.

     

    Y a-t-il des auteurs dont vous vous sentez proche ?

    Carlo Emilio Gadda, Arno Schmidt, Thomas Bernhard, Juan Benet, Cesare Pavese, ont ébloui ma jeunesse. Les influences n’existent pas, j’ai rencontré ces auteurs parce que leur quête est la mienne.

    De grands romans, tels Cités à la dérive, de Stratis Tsirkas, Le Jour du jugement, de Salvatore Satta, Conversation en Sicile, de Elio Vittorini, habitent le fond de mon cœur.

     

    Ce qui frappe d’abord à la lecture de vos romans, c’est l’écart entre une syntaxe recherchée, voire déconcertante, et des thèmes qu’on a l’habitude de voir traiter sur un mode plus familier. Est-ce là un effet voulu, et, si oui, dans quel but ?

    Je ne poursuis aucun effet : c’est ainsi que j’écris ; je ne peux pas dire ces thèmes autrement que je ne les dis.

    Inversions et déplacements, à l’intérieur de ma phrase, créent un rythme poétique, des rimes intérieures, une musique. Tant que cette musique n’est pas née, je travaille. Ce que je veux rapporter m’apparaît comme une succession de tableaux ou de photos, de moments suspendus. À un tableau une phrase, comme nous pouvons embrasser un vrai tableau d’un seul regard. Je vois un événement comme un rhizome. Je voudrais en saisir l’ensemble dans une seule phrase, jusqu’à ses ramifications, tenantes et aboutissantes, les plus lointaines. Pound donne pour mission au poète de « rassembler les membres d’Osiris ».

     

    Un des personnages de Camps volants opère une distinction entre « roman vertical », bâti sur une intrigue, et « roman horizontal », qui s’attache à restituer des atmosphères et des lieux. Vos propres livres s’inscrivent en général dans la seconde catégorie, mais peut-on alors parler de « romans » ?

    Tableau de la Passion est un roman vertical, construit sur une intrigue, où un événement qui tient lieu de « point focal » vient modifier a posteriori la perspective.

    Je découvre la structure horizontale (et le temps du présent) avec Un fraisier pour dimanche. Alors que le roman de formation est de structure verticale, puisque le nerf de l’action est tendu vers un point focal : faire l’amour, dans le fraisier nul dénouement. Seule issue, le départ, car, là où vit mon héros, en province, au sein de sa famille, rien ne peut advenir. D’où l’achronie du présent.

    J’ai de grands prédécesseurs dans le domaine du roman de structure horizontale : Arno Schmidt, Gadda, Pavese… Le film d’Antonioni, Femmes entre elles, adaptation d’une nouvelle de Pavese, offre un exemple de structure horizontale au cinéma, et certains films de Cassavettes.

    Depuis la mort de Dieu, énoncée par Jean-Paul puis Hegel dès avant le roman balzacien, qui ne l’a pas entendue, comment le roman de structure verticale pourrait-il se perpétuer ? Nous n’avons plus de destin, nos vies ne s’acheminent plus vers un point focal. Le marxisme a joué les prolongations mais il a fait long feu : Vaillant, après le XXe Congrès, renonce au communisme et se tourne vers le libertinage, adoptant ainsi une position… horizontale !

     

    Gens de cirque, forains, clochards… Vos personnages sont souvent des errants vivant dans les marges de la société. Y a-t-il pour vous une parenté entre ces marginaux et les artistes ?

    Je ne sais. Les artistes sont des gens comme vous et moi, nous y trouvons des nomades, des sédentaires, des personnalités très structurées, des âmes en mille morceaux. Le cirque, évoqué dans Chronique du cirque dans le désert ou dans Camps volants, est un parangon de sédentarité : il reconstitue partout son village, dont les personnes ne sortent guère. Chez les Tsiganes la stucture familiale est très forte. Nous sommes là dans une verticalité. Tandis que les personnes que j’ai pu côtoyer à Emmaüs n’ont plus de récit structurant qui donne sens à leur vie.

    Adolescent j’éprouvais une attirance sexuelle pour les jeunes filles tsiganes, qui se mariaient à quatorze ans. À l’époque les roulottes venaient au cœur des villes,  sur le chemin du lycée je longeais des campements, je regardais, fasciné par ce monde. Mon intérêt pour les errants peut s’ancrer dans ce fantasme. Je suis très structuré (je rassemble les membres d’Osiris) et plutôt sédentaire. Je viens de la névrose, j’ai une vision globale de mes choix, j’en cherche les causes, j’en imagine les conséquences avant de passer à l’acte. Loin de la perversion moderne, qui décrète : « j’ai envie, je fais », et se prive ainsi de la voluptueuse chaîne de l’interdit, la transgression, le remords. La confession nous ramenant à la case vierge, comme l’a vu Huysmans. Source inépuisable de littérature !

     

     

    Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

    Je suis parfois en résidence d’auteur. Comme je refuse d’y pratiquer des ateliers d’écriture et que j’évite les textes de commande, je propose de réaliser des documentaires audio, sur une carrière abandonnée, une verrerie en activité… Ces jours passés à écouter et monter les voix des personnes enrichissent mon travail, qui s’attache au style, à la structure de la phrase.

    J’écris des récits à partir du matériau collecté lors de missions Stendhal, en Iran ou en Indonésie. L’absence d’intrigue y est d’un puissant attrait et d’une gageure difficile. Je me méfie des classifications de genres : le principe de la littérature est d’arriver à dire autre chose à travers ce qui est apparemment exprimé. Le style est le vecteur de cette opération alchimique.

     

    Xavier Bazot a répondu par écrit aux questions de Pierre Ahnne

     


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  •            Pierre Kretz a longtemps exercé à Strasbourg le métier d’avocat, tout en se livrant à d’autres activités théâtrales : jeu, mise en scène, écriture de nombreuses pièces en dialecte alsacien. Ses romans (Quand j’étais petit, j’étais catholique, Le Gardien des âmes, éditions de La Nuée bleue, 2005 et 2009) sont très lus, en français ou en traduction allemande, dans une aire géographique qui part des Vosges et s’étend au-delà du Rhin.

        Le destin d’une région singulière y est prétexte à une réflexion sur la mémoire, l’Histoire, la langue, le rapport de l’individu aux déterminations qu’elles lui imposent. Pierre Kretz aborde ces thèmes sur un ton où l’empathie se mêle curieusement à la distance suscitée par l’art de la phrase et le sens du comique.

     

    Entretien avec Pierre Kretz

     

         Pierre Kretz nous a fait parvenir cette photo avec la légende suivante :

     « La maison dans laquelle j’écris »

     

    Comment en êtes-vous venu à écrire ?

    Je suis venu à l’écriture au cours de ce que l'on appelle parfois avec un brin de nostalgie « nos années 70 ». Je faisais partie de cette catégorie d’Alsaciens dialectophones de naissance, devenus de parfaits étudiants francophones, et qui, à partir de 68, s’interrogeaient : que faire de cette valise qu’on trimballait avec soi et qui contenait la langue maternelle ? Cette question interférait bien sûr avec les interrogations de l’époque sur la culture et la mémoire populaires. Elle m’a conduit à une action militante dans le domaine du théâtre dialectal, comme il en existait alors dans d’autres régions de France (je pense au Théâtre de la Carriera en Occitanie). Il existait un répertoire abondant de pièces en alsacien, mais c’étaient des pièces de boulevard, qui ne correspondaient pas du tout à nos préoccupations. Il fallait donc écrire pour créer un théâtre en dialecte qui soit « le reflet du peuple », comme dit Brecht, que nous venions de découvrir.

     

    Comment écrivez-vous ?

    Le plus souvent, d’abord à la main, puis je reprends sur ordinateur avec des modifications. Ça « me lance ». Je continue alors à l’ordinateur.

    J’ai un lieu principal d’écriture qui est la maison que je possède dans les Vosges. Le voisin le plus proche est à un kilomètre. Mais j’écris aussi dans les lieux publics, les salons de thé (nombreux en Alsace, NDLR), les bars…, pourvu que les tables y soient assez grandes pour que je puisse étaler mes papiers, appuyer mes deux coudes, et qu’il n’y ait ni écran ni musique, ce qui hélas devient rare. Quand j’entre dans un tel lieu je sais immédiatement si je vais pouvoir y écrire ou non. Dans le dernier cas je ne vais pas plus loin que le seuil, je ressors tout de suite, en provoquant parfois l’étonnement des consommateurs et des serveurs.

     

    Écrire, est-ce pour vous un travail ?

    Oui, mais un travail qui me procure beaucoup de plaisir. Un plaisir d’imbécile heureux. Quand je suis content de ce que j’ai écrit, j’éprouve une satisfaction béate à l’idée d’avoir fait « ce que j’avais à faire ». Le lendemain, évidemment, j’ai souvent envie de tout déchirer !

     

    Y a-t-il des auteurs dont vous vous sentez proche ?

    Souvent les derniers que j’ai lus. Quand j’ai aimé, je peux être sous influence assez longtemps.

    Et puis, quand même : Kafka et Proust, bien sûr, et aussi Raymond Carver, Joseph Roth…

     

    Vous avez beaucoup écrit pour le théâtre. Cela a-t-il eu une influence sur l’écriture de vos récits ?

    Je crois que ça m’a donné une certaine facilité pour les dialogues : quand on écrit pour le théâtre, on entend parler les personnages. Mais avec le théâtre j’avais l’impression qu’il y avait des directions où je ne pouvais pas aller. Le roman, pour moi, c’est la liberté absolue. Aucun autre art à mon avis ne peut aller là où le roman permet d’aller. Ce sentiment de liberté, je l’éprouve et le découvre en écrivant : je me dis souvent « mais oui, n’hésite pas, tu peux y aller… » ! Dans l’écriture théâtrale, les contraintes sont beaucoup plus fortes.

    En même temps, mon dernier roman, Le Gardien des âmes, vient d’être adapté au théâtre. Paradoxe.

     

    L’Histoire tient une place centrale dans votre œuvre. Elle connaît aussi en ce moment un retour en force dans le domaine romanesque. Pensez-vous que tout roman soit peu ou prou « historique » ?

    Le roman est, au minimum, un jalon dans l’Histoire, même si le romancier ne revendique pas cet aspect : on n’échappe pas à l’Histoire, et le roman, comme toutes les œuvres d’art, est le reflet d’une époque.

    Mais en ce qui concerne l’Histoire dont je parle, celle de l’Alsace, elle est déjà un roman en soi. Et il est d’autant plus difficile d’y échapper qu’elle recoupe la question de la langue, qui constitue le matériau sur lequel travaille l’écrivain. J’ai longtemps pensé que je ne pouvais pas écrire des romans parce que le français n’était pas ma langue maternelle. Ce sont les exemples de Beckett, de Nabokov, de Ionesco, qui m’ont encouragé, et surtout l’exemple des Antillais, comme Chamoiseau, et des Africains.

     

    Vous avez écrit en dialecte, en français, vous intervenez souvent dans le cadre de lectures publiques en Allemagne : êtes-vous un écrivain régional ou européen ?

    La question de la régionalité est une question douloureuse. Mon idée est la suivante : j’écris ici, je vis ici, je suis publié ici ; je pratique, pourrait-on dire, une « littérature de proximité ». Cette attitude suscite deux types de réactions : soit on me classe parmi les auteurs régionalistes et plus ou moins folkloriques, soit, voulant me faire ce qu’on imagine être le plus beau des compliments, on me dit « tu devrais publier à Paris ».

    Une telle problématique n’existe pas en Allemagne, qui est un pays décentralisé, également dans l’esprit des gens. Mon éditeur allemand est à Tübingen, ça ne m’a pas empêché d’avoir un article dans Die Zeit, qui est le grand journal de Hambourg, à l’autre bout du pays.

    Ce questionnement sur l'espace géographique dans lequel mes romans suscitent un intérêt auprès des éditeurs et des lecteurs me préoccupe beaucoup, sans que j'y trouve une réponse satisfaisante pour le moment. La version théâtrale du Gardien des Âmes au Théâtre de la Manufacture en Avignon ce mois de juillet m'aidera peut-être à y voir plus clair...

    Pour ce qui est d’être un écrivain européen, disons que le fait d’être traduit en allemand donne à ce que j’écris un certain rayonnement, notamment en Sarre, au pays de Bade et en Suisse allémanique. SWR, qui est un peu l’équivalent de France Culture au pays de Bade, a sollicité mon éditeur pour une adaptation radiophonique du Gardien des âmes (alors que le projet d’une adaptation a été refusé par France Culture). À la radio de Bâle on lit des extraits du roman...

     

    Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

    Je viens de terminer un roman dont j’ignore encore le titre (j’aimerais qu’il contienne le mot « dérobé »). En pareil cas je fais lire le texte à différentes personnes de mon entourage. En fonction de leurs réactions, je déciderai de soumettre ou non le texte à un éditeur.

    Mais comme, ayant le sentiment d’être arrivé au bout de quelque chose, j’ai senti un grand vide, je me suis précipité dans l’écriture d’un roman policier, dont l’action se situe en Alsace.

     

     

     


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